JNME 2025 – CONCERT #1

Melchior Chuvin, Calamar (CRD de Cannes) , 3’00

Ludovic Coullet, Les 2 Pierre (Cité de la musique de Marseille), 7’12

Louis Haon, Stygian Touch (Conservatoire de Marseille), 10’

Miora Audebeau, Diptyque Hopper (CRR de Montpellier), 11’19

Florence Rigou, L’effet papillon-orchestre, (Cité de la musique de Marseille), 5’27

Shainice Raducanu, Le souffle du violon (CRC de Sarcelles), 3’06

Auriane Poulique, Clepsydre (CRD de Cannes), 5’15


Programme détaillé du concert

Melchior Chuvin, Calamar (CRD de Cannes) , 3’00

Calamar est une pièce électroacoustique composée initialement pour le projet du concert sur le thème de la musique coréenne.

Inspirée de la pêche traditionnelle au calamar, omniprésente dans la culture coréenne, cette œuvre a été construite en assemblant des extraits audios d’un reportage et des créations avec instruments virtuels. L’auditeur est transporté en immersion dans une atmosphère onirique où se mêle la voix grave du narrateur, chaque sonorité créée ou samplée illustre différents éléments de ce thème : la passion du pêcheur, la récurrence des mouvements, la mer, la passion, le calamar.

Calamar est ma première composition aboutie d’une œuvre électroacoustique ambiante. 

Melchior Chuvin, bientôt 17 ans, est élève au Conservatoire de Cannes où il étudie depuis quelques années l’art numérique et la composition électroacousstique dans la classe de Florian Gourio. Curieux de nature, il a effectué de nombreuses recherches en art numérique et plus particulièrement en vidéo mapping, dans le cadre des projets annuels des concerts de la classe d’électroacoustique. Depuis le printemps 2025, il se lance dans la composition aboutie d’une œuvre électroacoustique, qu’il aborde dans un premier temps avec sa sœur, musicienne également.

Melchior est hautboïste au CRD de Cannes, dans la classe de Vincent Tizon, en 2e Cycle. Il est également en classe de théâtre, dans la classe de Didier Mérigou.

Ludovic Coullet, Les 2 Pierre (Cité de la musique de Marseille), 7’12

La rencontre imaginaire et contrariée de deux Pierre célèbres.

En cinquante y’avait Cologne ! Entre résistance et détestation.

Extraits : Pierre Henry : « Pierre Schaeffer m’a permis d’enregistrer ma sauvagerie » – Archives INA- Radio France (1979)

Ludovic Coullet explore les territoires de la musique électroacoustique, une démarche qu’il poursuit à la Cité de la Musique de Marseille. Au cœur de son travail, le son capturé dialogue avec les textures synthétiques. Il détourne des instruments électroniques, les arrachant à leur contexte EDM habituel, pour créer des fictions sonores où la machine révèle parfois une âme inattendue.

Louis Haon, Stygian Touch (Conservatoire de Marseille), 10’

Stygian Touch est une pièce électroacoustique pensée comme une traversée symbolique et sensorielle, librement inspirée des récits mythologiques évoquant le Styx. Elle est structurée en trois mouvements – Descente, Contact, Abstraction – qui forment un continuum narratif. La première section, Descente, installe un espace d’écoute immersif, en tension entre le concret et l’abstrait. Des sons proches, majoritairement concrets, servent d’ancrage perceptif à l’auditeur, tandis que des éléments lointains – diffus, flous, ambigus – préparent l’émergence d’un ailleurs. Ce travail s’appuie sur des principes de spatialisation et de modélisation de la distance, notamment ceux formulés par John Chowning, pour créer des impressions de profondeur dynamique et d’instabilité latente. La deuxième section, Contact, marque le point de bascule. Des objets sonores spécifiques que nous appellerons « sons-contact » surgissent d’abord à la périphérie du champ perceptif, puis s’en rapprochent progressivement. Par leur timbre abrasif, leur impact rythmique ou leur comportement spectral, ils perturbent le paysage établi et induisent une transformation globale du matériau. Ces sons, parfois extraits ou dérivés d’éléments déjà en place, agissent comme catalyseurs d’un changement d’état. La troisième et dernière partie, Abstraction, voit les repères concrets disparaître au profit d’une matière sonore fluide, instable, presque hypnotique. La fin de la pièce ne cherche pas à apaiser ou à résoudre : elle sature, insiste, puis disparaît d’un seul coup. Pas de fondu, pas de relâchement : seulement une extinction abrupte, comme si l’état atteint avait été maintenu jusqu’à son point de rupture. C’est une manière de refuser la nostalgie du retour — on ne revient pas d’un tel voyage.

Louis Haon est un musicien basé à Marseille, actuellement étudiant en électroacoustique au Conservatoire Pierre Barbizet. À travers sons enregistrés, textures électroniques et jeux de résonance, il compose des ambiances sonores immersives. Il approche le son comme vecteur d’émotion, de mémoire et de présence.

Miora Audebeau, Diptyque Hopper (CRR de Montpellier), 11’19

Cette pièce est inspirée de deux tableaux d’Edward Hopper, peintre considéré comme l’un des représentants du réalisme américain. 

Le premier tableau «  Compartment C, Car 293 » représente une scène dans un compartiment de train, avec un sentiment de solitude et de calme, caractéristiques du travail d’Hopper. Le deuxième tableau, « Gas », représente une station service, avec un éclairage doux et une atmosphère calme et isolée. Ces deux tableaux se trouvent actuellement au Whitney Museum of American Art, à New York.

Bien que cette pièce soit écrite en 2 parties distinctes, elles ne font qu’une : elles sont liées par des procédés tels que le miroir, ou encore les jeux d’intervalles. 

L’électronique et les effets en temps réels nous permettent de nous plonger dans une ambiance, d’établir un contrepoint, et de développer notre imaginaire, tandis que la flûte nous raconte les tableaux sous formes de thèmes. 

Miora Audebeau est élève au Conservatoire à Rayonnement Régional de Montpellier. Pianiste de formation, elle débute le piano à 4 ans. Elle entre au CRR à la Réunion, puis à 17 ans, elle intègre le CRR de Montpellier où elle découvre la composition informatique musicale avec Christophe de Coudenhove avec qui elle a travaillé sur des pièces instrumentales et mixtes. Elle est actuellement en CPES de composition et continue ses études pianistiques. 

Florence Rigou, L’effet papillon-orchestre (Cité de la musique de Marseille), 5’27

Après un long voyage depuis l’Amérique du Nord, le papillon arrive dans la forêt amazonienne où éclate un orage ; trempé dans une cacophonie de synthétiseur modulaire, ce drôle d’insecte se musicalise lorsqu’il survole un marché au Brésil et provoque un ouragan au Texas (rodéo), d’où « l’effet papillon-orchestre », inspiré de la célèbre conférence de Lorenz (1973) : « Le battement des ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer un ouragan au Texas ? »

C’est la troisième partie d’une pièce plus longue, « Un drôle de papillon » (17’23’’), jouée au concert « Émergence », en mai 2025, dans le cadre du festival « Propagations », à Marseille.

Florence Rigou, Compositrice de musique électroacoustique, elle travaille entre Ajaccio et Marseille.

Après un CEM de clavecin au Conservatoire Henri Tomasi, en Corse, où elle a étudié la musique baroque, mais aussi des pièces contemporaines (Ohana, Ligeti, Glass), auprès de Catherine Zimmer, professeur de clavecin, elle s’intéresse aux nouvelles technologies musicales, et découvre la musique concrète à la Cité de la Musique de Marseille, dont elle suit actuellement le cursus de musique électroacoustique (en cycle 2).

Shainice Raducanu, Le souffle du violon (Sarcelles), 3’06

Le souffle du Violon explore les possibilités des transformations électroacoustiques qui travestissent le son initial de l’instrument. Quelques techniques étendues sont de mise.

Shainice Raducanu avait 16 ans lors de la composition de cette pièce. Elle est aujourd’hui toujours dans la classe électroacoustique et se destine à des études en médecine. Elle est élève de la classe d’électroacoustique de Sarcelles avec Jean-Baptiste Favory.

Auriane Pouliquen, Clepsydre (CRD de Cannes), 5’15

Mon projet de musique électroacoustique repose sur un principe de contrainte créative : explorer la richesse sonore d’un matériau unique – la voix. Mon objectif était de la transformer, de l’exploiter dans toutes ses dimensions pour bâtir un univers sonore immersif et singulier. Tous les sons utilisés dans cette pièce proviennent exclusivement de ma propre voix : enregistrée, samplée, modifiée, puis sculptée à l’aide de divers traitements et effets. Ce choix m’a poussée à dépasser mes limites expressives et créatives. J’ai cherché à dénaturer ma voix, à la transformer jusqu’à la rendre méconnaissable pour qu’elle devienne un matériau sonore à part entière, détaché de son origine, un outil au service de l’exploration musicale pure.

La pièce était destinée à une diffusion sur acousmonium lors du concert de fin d’année. J’ai donc intégré la notion de spatialisation dès les premières étapes de la composition. L’espace est devenu un fil conducteur : je voulais offrir une expérience d’écoute dynamique, où le son semble respirer, se déplacer, se métamorphoser au gré de la perception de chacun. Ce projet a représenté pour moi un véritable défi artistique et technique, un exercice de minimalisme sonore où la contrainte s’est révélée être une source infinie d’exploration.

Auriane Pouliquen est compositrice spécialisée dans la musique à l’image, passionnée par la création sonore, le cinéma et la narration visuelle. Elle a grandi à Cannes, une ville où l’image et la musique se rencontrent  naturellement, ce qui a nourri très tôt mon intérêt pour la composition.

Aujourd’hui, Auriane étudie à la Haute école de musique de Genève (HEM),  où elle poursuit  son exploration de l’univers sonore sous toutes ses  formes. Elle aime travailler avec une grande diversité d’instruments, acoustiques comme électroniques, pour créer des textures riches et  expressives au service du récit.

À travers ses compositions, elle cherche à faire dialoguer émotion et image, en apportant une identité musicale forte à chaque projet.