
Léa Viglino, Les oiseaux se cachent pour chanter (CRR de Chalon sur Saône), 7’00
Arnaud Jules, Catacombes (CRR de Cergy-Pontoise), 3’03
Antoine Alcazar, Une chambre de velours (Pôle Supérieur Paris Boulogne-Billancourt), 7’00
Renaud Bernard, Bleu outremer (CRR de Perpignan), 5’43
Florine Mougel, SAS Hatté (CRR d’Amiens), 8’30
Bomi Yi, Rires (CRI de Gentilly), 5’57
Zyian Song Yi, Le souffle des machines (CRD d’Evry-Courcouronne), 4’14
Programmé détaillé du concert
Léa Viglino, Les oiseaux se cachent pour chanter (CRR de Chalon sur Saône), 7’00
Animés par le désir de saisir l’essentiel, les sons nous parviennent déformés, dégradés, saturés de parasites sonores – traces laissées par l’homme. Nous soustrayons, amplifions, isolons, rehaussons, dans l’espoir d’atteindre une pureté sonore.
Mais ces chants d’oiseaux que nous poursuivons avec tant d’avidité se transforment en illusions, en chimères. Le constat est alarmant.
L’homme gagne du terrain, les oiseaux sont en alerte. Déboussolés, ils cherchent à retrouver leur place d’horlogers du ciel.
Pas question de se taire. Pas question de tomber.
Léa Viglino intègre le Conservatoire de Chalon-sur-Saône en 2019, où elle suit un double cursus en théâtre et en musiques actuelles amplifiées. Son désir d’acquérir un savoir-faire technique et la recherche d’une nouvelle manière de composer, la pousse à s’orienter vers la musique électroacoustique. Elle fait ses premiers pas dans la discipline au Conservatoire Massenet de Saint-Etienne auprès de Diego Losa, compositeur argentin. En 2023, elle fait son retour au Conservatoire du Grand Chalon afin de poursuivre sa formation dirigée par Armando Balice et Sami Naslin.
Arnaud Jules, Catacombes (CRR de Cergy-Pontoise), 3’03
Catacombesest un mini-Hörspiel dans lequel, flottant sur des bas-fonds sonores d’origines mystérieuses, trois voix entremêlées chuchotent des extraits de L’égout de Rome, issu du Livre VII des Châtiments, poèmes satiriques rédigés par Victor Hugo à partir de1851.
Arnaud Jules découvre la musique en soufflant dans une trompette dès le plus jeune âge, puis le jazz et l’improvisation grâce aux claviers. Son intérêt pour la synthèse sonore et la musique contemporaine l’amène peu à peu vers la composition de musique électroacoustique, qu’il approfondira auprès de Danièle Gugelmo au CRR de Cergy.
Antoine Alcazar, Une chambre de velours (Pôle Supérieur Paris Boulogne-Billancourt), 7’00
Une Chambre en Velour est le deuxième mouvement de la pièce Quatre instantanés d’un tapeur à gages, une commande du festival Satie, direction artistique Nathalie RUGET, directrice du Conservatoire Nina Simone de Malakoff, à l’occasion du centenaire du décès du compositeur.
Tapeur à gages car c’est ainsi qu’Erik Satie qualifiait avec autodérision son travail de pianiste accompagnateur dans les cabarets parisiens.
Quatre instantanés car la pièce est un recueil de quatre arrêts sur image, quatre moments-clés de la vie du compositeur, esquissés comme autant de vignettes sonores. On y traverse successivement sa période montmartroise, sa phase mystique, les années dites des “rudes saloperies”, et enfin la période de sa maturité artistique. Quatre regards posés sur une existence en décalage, entre humour, solitude, tendresse et provocation. Dans ce mouvement, nous sommes dans une pièce étroite, tapissée de silence et de questions métaphysiques. Satie est isolé, replié dans son monde mystique et rigide. Il porte son costume en velours, dort peu, doute beaucoup. Le rêve, la foi, l’amour et le rejet s’y entremêlent.
Antoine Alcaraz est compositeur électroacoustique français. Il développe d’abord une première approche de l’improvisation et des musiques live électroniques à travers ses études de percussion au CRR de Rennes. En 2019 il intègre le CRR de Paris où il étudie la composition électroacoustique, notamment avec Denis Dufour. Il y écrit ses premières pièces acousmatiques et construit un goût pour l’adaptation en musique d’œuvres en tout genre telles que des poèmes, des peintures ou encore des dessins. Ce servant de ces œuvres comme de partitions artistiques, il cherche à cultiver une musique narrative, forte en poésie et en émotion. Il approfondit aussi une pratique de la platine vinyle, avec laquelle il crée la plupart de ses matériaux sonores destinés à la composition, mais qu’il intègre aussi dans ses performances d’improvisation.
Renaud Bernard, Bleu outremer (CRR de Perpignan), 5’43
Cette pièce allant du percussif au grain lisse, représente de façon abstraite et musicale, la manière d’obtenir un pigment bleu outremer.
Renaud Bernard est étudiant en composition électroacoustique depuis 2021 au CRR de Perpignan. En cycle 3, il espère évoluer encore pour acquérir de nouvelles compétences dans cet art des sons, et approfondir le travail d’orchestration.
Florine Mougel, SAS Hatté (CRR d’Amiens), 8’30
Un relevé d´impressions sonores personnel de la scierie et ébénisterie artisanale de Tronchoy, dans la Somme. Le travail de composition essai d´articuler la cohésion du travail parallèle des artisants au sein du lieu: approvisionnement en bois, usinage des pièces, poncage, assemblage et finition. Leur présence, bien qu´effacée, est sensible dans la cadence des outils et des machines, accordés à la précision de leurs gestes.
Florine Mougel (1991, Nancy) est une artiste sonore, vidéaste et plasticienne en perpétuel déplacement. Après des études en cinéma-audiovisuel à la Sorbonne et d´´art et médias à l´ESADMM, elle obtient son Master en 2021 à l université d ´art et de design de Linz avec les félicitations du jury. Son travail poétique aborde notre relation au monde contemporain médiatisé sous le prisme de l arpenteur, et se déploie autour de l inconscient technologique et collectif, la coexistance des contraires, du jeu et de la distraction.
Bomi Yi, Rires (CRI de Gentilly), 5’57
Je prends comme matériaux les rires dans diverses nuances –sons concrets, du quotidien, quelque peu anecdotiques rappelant des expériences extra-musicales, puis je les manipule et les inscris dans un temps musical. J’interroge la manière dont on bascule entre temps vécu et temps musical.
La question de l’espace sonore est intégrée dans la composition même, la mise en mouvement des sons constituant cette pièce sera explorée par leur évolution dans le temps et leur diffusion/propagation par l’ensemble des haut-parleurs.
Bomi YI, initiée au piano dès l’âge de quatre ans, mon parcours musical a pris une orientation créatrice précoce : en interprétant le répertoire classique, j’éprouvais le désir de réinventer certains passages, ce qui m’a naturellement orientée vers la composition lors de mon entrée dans un Lycée spécialisé en Art.
Après un Bachelor en Composition à l’université féminine EWHA à Séoul, complété par des études en Physique et en Philosophie, j’ai pu bénéficier d’une formation en cycle spécialisé de Composition électroacoustique dans la classe de Denis Dufour au CRR de Paris, où j’ai découvert la pratique de la musique acousmatique.
Mon Master de Musicologie obtenu en 2022 m’a menée vers une thèse en Ethnomusicologie portant sur la métrique et la rythmique de la musique rituelle chamanique de la côte Est de la Corée.
Ma pratique compositionnelle s’épanouit aujourd’hui dans trois domaines : instrumental, mixte et acousmatique. Cette dernière se distingue par ses procédés spécifiques qui m’offrent des possibilités d’expression musicale uniques, inaccessibles par d’autres moyens compositionnels, enrichissant ainsi mon langage artistique.
Ziyan Song Yi, Le Souffle des Machines (CRR d’Evry-Courcouronnes), 5’00
Le Souffle des Machines est née d’une découverte près d’un chantier, où les pulsations des machines ont évoqué le souffle d’un être vivant. Les sons des machines, souvent perçus comme du bruit, semblent brouiller les frontières entre le vivant et le mécanique lorsqu’elles fonctionnent.
Ziyab Song est étudiante au Conservatoire Iannis Xenakis à Évry-Courcouronnes. Son intérêt pour le son s’est développé lors de ses études en arts numériques, ce qui l’a conduit à explorer cette nouvelle forme de création.